Bilan Top 14 : Deuxième partie

La saison 2016-2017 de Top 14 s’est achevée il y a un peu plus d’un mois avec la victoire de l’ASM sur le RC Toulon (22-16). Les Clermontois remportent ainsi leur premier Brennus depuis 2010 et deviennent pour la deuxième fois de leur histoire champions de France. Après de nombreuses finales perdues au cours du XXe siècle ainsi qu’au début du XXIe siècle, les Clermontois semblent avoir vaincu le signe indien. En effet, depuis 2010 ils ont donc remporté deux des trois finales qu’ils ont disputé, laissant seulement le titre de Champion au Stade français en 2015. Quels enseignements peut-on tirer de cette saison riche en surprises ? Qu’attendre pour l’année prochaine ? Quels joueurs français ou étrangers ont changé de dimension cette saison ? Deuxième partie

Bilan Top 14 : Deuxième partie
Quelques joueurs français ont fait forte impression cette saison

La déception de l’année

Le Stade Toulousain a eu du mal à digérer l’après Novès, c’est une évidence. Le départ de l’emblématique entraîneur du club le plus titré de France a laissé un immense vide. La tâche de remplacer le nouveau sélectionneur de l’équipe de France fut confiée à Ugo Mola. Ce dernier a choisi de s’appuyer sur les principaux relais de son prédécesseur, les joueurs d’expérience des dernières conquêtes victorieuses du club de Haute-Garonne. La saison qui s’en suivit a été relativement réussie avec une qualification en barrages et une défaite à l’extérieur face au Racing 92.

Mais l’exercice qui vient de s’achever peut être qualifié de débandade, au regard de l’effectif du club. La contre-performance est telle que si Grenoble et Bayonne n’avaient pas été décrochés si vite dans la course au maintien, le Stade Toulousain aurait été un sérieux candidat à la descente en ProD2. Ajoutez à cela des pertes de capital et la défection du président du club René Bouscatel et vous obtenez une saison à oublier au plus vite.

Mais le club se donne les moyens de retrouver des ambitions et le départ des vieux briscards à l’influence réduite associé à l’arrivée d’éléments de qualité peut faire espérer des jours meilleurs aux supporters du club de la ville rose. McAlister, Dusautoir, Albacete, Johnston et Lamboley quittent le bateau rouge et noir tandis que Dupont, Holmes, Kolbe, Faumina, Pointud et Madaule arrivent. Ramos revient après son prêt à Colomiers. Mais si les candidats aux six premières places se renforcent, le Stade Toulousain aura l’avantage de ne pas avoir à disputer la Champions Cup et d’avoir peut-être un peu plus de fraîcheur au moment du sprint final.

Equipe-type  pour la saison prochaine: Ramos – Huget – Fickou – David – Kolbe – Holmes – Dupont – Galan – Cros – Madaule – R. Gray – Maestri – Baille – Marchand - Faumina

  

L’Equipe-type des français

Germain – 24 matchs - 324 points (87 pénalités, 29 transformations, 1 essai) – Brive

Plus à l’aise dans le jeu courant que les saisons précédentes, il a grandement contribué à ce que le CABCL demeure redoutable à Amédée-Domenech. Le meilleur marqueur du Top 14 est toujours aussi à l’aise face aux perches. Gunner.

Nakaitaci – 10 matchs – 40 points (8 essais) – Clermont

Le fidjien confirme sa renaissance. En dépit de son faible temps de jeu, il ne cesse de martyriser les défenses et a son ratio essai par match est dantesque (0.8). Désormais installé en équipe de France. I got 99 problems but Savea ain’t one.

Chavancy – 21 matchs – 30 points (6 essais) – Racing

L’enfant du club est toujours autant indispensable. Courageux en défense, il est aussi à son aise en phase offensive et sa qualité de percussion ainsi que son altruisme permet de créer des décalages. Fidèle guerrier.

Lamerat – 8 matchs – 15 points (3 essais) – Clermont

Comme son voisin des lignes arrières, l’ancien Castrais a eu peu de temps de jeu. S’il vole quelque peu la place au rochelais Aguillon, c’est parce que sa bonne adaptation au jeu Clermontois et son influence sur la campagne européenne et sur la conquête du Bouclier sont indéniables. Larmes(ra).

Lacroix – 19 matchs – 50 points (10 essais) – La Rochelle

La révélation française de la saison. Petit et véloce, il offre néanmoins des garanties défensives face à certains de ces homologues poids lourds. Sa position d’électron libre et son sens du jeu déstabilisent souvent les défenses adverses. Un finisseur.

Lopez – 16 matchs – 74 points  (4 essais, 2 drops, 8 pénalités, 12 transformations) - Clermont

Il a souvent laissé la responsabilité du tir au but à son demi-de-mêlée Parra mais son importance dans la quête du titre et dans le jeu flamboyant des Auvergnats fut telle qu’il est passé cette année de roue de secours à « Grandisse » aux yeux du sélectionneur. Meilleur marqueur du VI nations. Mauléon lève les bras.

Lesgourges – 25 matchs – 30 points (6 essais) – Bordeaux

La place de neuf de ce XV était surement destinée à d’autres vu le réservoir dont nous sommes fournis à ce poste. Dupont, Parra, Machenaud… Mais l’amoureux du jeu débridé que je suis a choisi d’intégrer Yann Lesgourges à son équipe-type. Serin sur la liste élite, son temps de jeu fut important cette saison et même après le retour de l’enfant prodige, les performances de l’ancien biarrot sont telles qu’il pousse ce dernier à l’autre poste de la charnière, pour le plus grand bonheur de l’UBB.

Galletier – 22 matchs – 10 points (2 essais) – Montpellier

Kélian Galletier et Fulgence Ouedraogo ont dénoté dans le pack cosmopolite qu’est celui de l’équipe héraultaise. Le premier a su saisir sa chance aux yeux de l’exigent Jack White et a réussi à faire avancer son équipe comme la plupart de ses partenaires. Mais sa place est menacée par le retour de King Louis.

Gourdon – 16 matchs - 10 points (2 essais) – La Rochelle

Devenu incontournable en équipe de France, le rochelais a réalisé une bonne saison, sur la lancée de la précédente. Lui aussi n’est pas étranger au bon parcours de la Rochelle même si son influence fut réduite de par son statut de membre de la liste élite. Sur cette saison La Gourde > La Gouje

Nyanga – 22 matchs – 20 points (4 essais) – Racing 92

L’athlète du Racing se bonifie avec le temps, toujours aussi véloce. Chacune de ses entrées est une occasion de le voir faire  des ravages dans les défenses. A largement le niveau du XV de France malgré son âge, en tout cas, il fait les beaux jours du Racing.

Gabrillagues – 24 matchs – 0 point – Stade français

Un des hommes forts de Gonzalo Quesada cette saison. A formé un attelage de grande qualité avec Pyle l’australien malgré la saison en dents de scie du Stade français. Jeune (24 ans) il aura peut-être l’occasion de devenir un emblème du club parisien comme le fut avant lui Pascal Papé. De plus, Maestri semblant de plus en plus loin du niveau international, le parisien devrait pouvoir avoir l’occasion de s’intégrer au XV de France.

Iturria – 22 matchs – 15 points (3 essais) – Clermont

Le deuxième ligne est la surprise clermontoise de la saison avec le centre Penaud. Il est un des rares français à son poste à pouvoir prétendre à avoir un jour le niveau d’un Retallick ou d’un Itoje, car le bayonnais a déjà une bonne partie des qualités exigées pour faire partie des meilleurs à ce poste. Pas besoin de vous faire un dessin.

Slimani – 17 matchs – 5 points (1 essai)  - Stade français

Fidèle à lui-même : dur au mal en mêlée et dans les rucks, il s’est offert une belle chevauchée pour aller aplatir comme un trois quart dans l’en-but contre Bayonne lors de la 13e journée. Du grand Rabah.

Guirado – 19 matchs – 25 points (5 essais) – Toulon

Le capitaine du XV de France a été au four et au moulin cette saison. Rassurant en conquête et leader par l’exemple. A paru fatigué par l’accumulation des matchs en fin de saison. Espérons que Galthié ne le surmène pas autant la prochaine saison et offre sa chance à Etrillard. Un guerrier.

Chaume – 19 matchs – 5 points (1 essai) – Clermont

Son nom n’est pas le premier sorti pour parler des hommes de bases de l’équipe auvergnate mais si ce gaucher a été de toutes les échéances importantes de la saison, c’est qu’il a fait mieux qu’ajuster la mêlée clermontoise. 


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