Fin de série pour le PSG. Après 34 matchs d'invincibilité au Parc des Princes en championnat depuis le 7 mai 2014, les parisiens, qui ont validé leur 4ème titre de champion de France le week-end dernier, ont chuté face à des monégasques opportunistes en seconde période. Pourtant, Laurent Blanc avait fait de ce match un rendez-vous important, dans sa quête du record de points en Ligue 1, détenu par son équipe en 2013/2014 avec 89 points. Privé une nouvelle fois de Verratti mais aussi de Pastore et évidemment d'Aurier, le coach parisien aligne alors une équipe "type" et offensif, Di Maria prenant la place de Matuidi (une nouvelle fois ménagé) au milieu de terrain, le trio Lucas/Zlatan/Cavani chargés de mettre à mal la défense très regroupée de l'ASM. En effet du côté monégasque, Leonardo Jardim doit composer avec un groupe affaibli où Moutinho (lésion de la cheville gauche), Bernardo Silva (suspendu), Fabio Coentrao (ré-athlétisation) et Mario Pasalic (lésion du rachis) sont forfaits. Il opte alors pour un 5-3-2 inédit cette saison où Jemerson, Raggi et Carvalho occuppent la défense centrale. B.Silva est lui remplacé poste pour poste par le très jeune et prometteur Mbappé (17ans). On s'attend alors à un match classique au Parc des Princes avec une défense très basse et regroupée, tentant de repousser les nombreux assauts parisiens.

Un Monaco qui se contente de défendre...

Le début de match confirme le déroulement que devait prendre ce match. les hommes de Laurent Blanc attaquent tambour battant cette rencontre et dès la 4ème minute de jeu, Ibrahimovic croit marquer son 28ème but de la saison en Ligue 1, servi par Di Maria après une parade de Subasic sur Cavani mais l'arbitre assistant en décide autrement et refuse le but. Pourtant, le Suédois est bien couvert et le but aurait dû être accordé. Cela peut semblait annodin tant ce but refusé arrive tôt dans la rencontre mais il sera le véritable tournant du match.

En effet, malgré une grosse domination, orchestré par un gros pressing et des récupérations hautes, étouffant des monégasques qui ne parviennent pas à ressortir un ballon proprement, les parisiens manquent de précision dans les vingts derniers mètres puis dans la finition, n'arrivant pas à inquiéter Subasic. Cavani, sur un centre fuyant de Di Maria, est trop court pour reprendre le ballon (10e) puis est repris in extremis par Jemerson sur un centre de Zlatan (11e), ce dernier, qui voit sa demi-volée aux 25 mètres, captée tranquillement par le portier de la Principauté (18e). C'est ensuite l'Uruguayen qui s'essaye à nouveau en reprenant d'un ciseau, sans succès, un centre de Lucas (30e) puis d'une tête qui termine sa course au dessus de la cage rouge et blanche (38e). Le PSG a donc très largement dominé ce premier acte, manquant de précision dans le dernier geste, face à des monégasque, complètement étouffés et donc innofensifs.

...avant de s'enhardir et profiter des largesses parisiennes

Les joueurs de la Principauté reviennent alors avec d'autres intentions en seconde période, profitant d'une baisse de régime flagrante des hommes de Laurent Blanc. Alerté sur le côté droit de la surface, Fabinho fait mine de centrer et déclenche une frappe puissante, boxée des deux poings par Kevin Trapp (50e). Le changement d'attitude des parisiens, certainement dû à un relâchement physique et moral à cause au titre de champion de France obtenu le week-end dernier, est criant et les monégasques ne manquent pas d'en profiter. Thomas Lemar d'abord, exploite une passe en retrait mal ajustée de la part de Motta, pour rentrer dans la surface et voir sa frappe à ras de terre du pied droit, repoussée par le portier allemand (59e). C'est ce même Lemar, lancé sur le côté gauche, qui centre parfaitement au second poteau pour un Vagner Love, qui n'a plus qu'à catapulter le ballon dans le but vide et glacer une première fois le Parc des Princes (65e). Le brésilien inscrit là son 4ème but de la saison en L1, une semaine après avoir inscrit un doublé face à Reims (2-2).

Les parisiens sont sonnés, n'affichent aucun signe de révolte et se voient punir une deuxième fois, trois minutes plus tard, sur une nouvelle erreur individuelle. Dans sa surface, David Luiz la joue beaucoup trop facile face à Fabinho et perd le ballon avant de commettre la faute sur son compatriote. Monsieur Gautier désigne en toute logique le point de penalty et ce même Fabinho décide de se faire justice lui-même d'une sublime panenka (68e). Les choses se compliquent alors fortement pour des parisiens, complètement hors sujet dans cette deuxième mi-temps. De plus, les hommes de Leonardo Jardim, forts de leur deux buts d'avance, ne sont pas avares d'efforts et sont solides défensivement, repoussant aisément les quelques assauts du PSG pour tenter de réduire la marque. Sur un corner côté gauche, Cavani claque une tête détournée par Subasic sur Zlatan, qui rate le cadre, le but étant pourtant vide (80e). C'est ensuite Raggi qui contre du menton une reprise puissante du Suédois avant que Matuidi ne rate la sienne du pied droit (83e). Puis le jeune Jean-Kevin Augustin, entré à la place de Di Maria, tergiverse trop et manque sa reprise à bout portant, sur une bonne remise de Zlatan, ce dernier n'étant clairement pas en réussite ce soir, ratant une nouvelle fois le cadre au deuxième poteau sur un enième corner (88e).

Les monégasques réalise alors l'exploit de battre le PSG au Parc des Princes en championnat, ce qui n'était plus arrivé depuis près de deux ans. De plus, ils refroidissent clairement leurs poursuivants, qui voyaient en ce déplacement à Paris, une défaite assurée. Les hommes de la Principauté confortent alors leur 2ème place, comptant à l'issue de cette 31ème journée, 5 points d'avance sur son rival l'OGC Nice, 3ème et surtout 6 points d'avance sur son conccurent le plus redoutable, l'OL. Les parisiens, eux, pourront regretter de ne pas avoir ouvert la marque en première période, surtout en début de match avec ce but injustement refusé à Zlatan. Il restera 4 matchs aux hommes de Laurent Blanc pour fêter dignement ce 4ème titre de champion de France consécutif.

Prochain rendez-vous pour les deux équipes après la trêve internationale. Les parisiens joueront une nouvelle fois au Parc des Princes (avant leur quart de finale face à Manchester City la semaine suivant), le samedi 2 avril à 17h00 face à l'OGC Nice, 3ème au classement. L'AS Monaco recevra lui, le Bordeaux d'Ulrich Ramé, en ouverture de cette 32ème journée, le 1er avril.

Laurent Blanc (PSG) : «Un peu moins efficace que d'habitude»

l'entraîneur parisien a évoqué la domination de son équipe en première période et le relâchement mental de ses joueurs, après le titre acquis la semaine dernière : 
«En première période, on se crée beaucoup d'occasions, on maîtrise le jeu, devant une équipe très défensive. On aurait pu ouvrir le score, on l'a fait... L'arbitre en a décidé autrement. Ce sont des choses qui arrivent. En seconde période, Monaco a su profiter des espaces. Sur les deux buts il y a des choses à redire. Comme le match était difficile à gagner, il aurait fallu avoir des qualités mentales qu'on n'avait pas pour revenir. Ce n'est certainement pas un hasard qu'il y ait eu un relâchement, mais si on marque ce but... 
 
Mon équipe a fait une bonne première période, mais c'est l'équipe qui a joué le plus défensivement qui a gagné, comme souvent au foot. On a été un peu moins efficace que d'habitude, malgré quatre joueurs offensifs alignés d'entrée. Encore une fois, c'est en première période qu'on loupe le coche, on a eu trois quatre situations et si on ouvre le score on gagne ce match. Je n'ai pas l'impression qu'il y avait une fête ce soir, le titre on le fêtera lorsqu'on recevra le trophée à la dernière journée.»
 

Leonardo Jardim (Monaco) : «Les joueurs ont fait un gros match»

L'entraîneur monégasque a lui souligné le mérite de ses joueurs dans cette victoire : «C'est une victoire très importante, mais ce faisant l'équipe a seulement maintenu la distance avec la concurrence. Paris est une grosse équipe, une des quatre meilleures en Europe, ils peuvent gagner la Ligue des champions. Les joueurs ont fait un gros match, ils ont tout le mérite du succès. Dans le foot, on ne gagne jamais avant, on ne perd jamais avant. Tout se joue sur le terrain.»