Champion du monde espoir : Que sont-ils devenus ?

Le championnat du monde espoir existe depuis peu, 1996. Avant, il existait sous la forme de championnat du monde amateurs. Comme Benoit Cosnefroy, ils sont devenus champion du monde, voyons ensemble que sont devenus ces anciens champions du monde espoirs.

Champion du monde espoir : Que sont-ils devenus ?
Halvorsen champion du monde espoir 2016 devant Ackermann et Mareczko

Ils ont répondu aux attentes

Ivan Basso

Sacré en 1998 à Valkenburg aux Pays-Bas devant Rinaldo Nocentini et Danilo Di Luca soit un triplé de la Squadra Azzura. Il était le grand favori de ce mondial, il n'a pas failli. Parti à un tour de l'arrivée, Nocentini et Di Luca contrôlent derrière. Il finit en solitaire devant Nocentini et Di Luca qui règle le sprint du peloton. Tous chargés sauf Di Luca selon ce dernier, c'est une autre histoire. Deux Giro en 2006 et 2010, deux podiums du Tour en 2004 et 2005 et des podiums sur des ardennaises, Liège-Bastogne-Liège et la Flèche Wallonne notamment. Voilà pour le bon côté. Rattrapé par l'affaire Puerto pour le mauvais côté. C'était surtout un coureur de grands tours et un très bon grimpeur. Equipier de Contador à la fin de sa carrière et aujourd'hui à la retraite, il a mis un terme à sa carrière sur un cancer des testicules. Triste fin.

Michael Matthews

Champion du monde chez lui en Australie à Geelong en 2010. Il a battu au sprint Degenkolb ainsi que Phinney et Boivin troisième ex-aequo dans un petit peloton vraiment réduit. Dès ses débuts professionnels chez Rabobank, il gagne chez lui, toujours au Down Under devant Greipel et Goss. Nous gratifiant d'une petite danse à peine descendu du vélo qui le caractérise bien. Il se classe 4e du général. La suite est plus compliquée chez les bataves. Il retourne chez les siens. Avec Orica, il franchira un palier faisant de lui l'un des meilleurs sprinteurs/puncheurs du monde. 2014 des prémices, 2015 l'explosion. Les premiers podiums sur les classiques. San Remo, Brabançonne, Amstel, Quebec et les mondiaux à Richmond derrière l'intouchable Sagan. La progression est constante. En 2016, il est encore plus régulier et échoue au pied du podium des Mondiaux toujours derrière Sagan. 2017, meilleure cuvée de sa carrière. C'est connu, l'Australien se bonifie en vieillissant. Cadel Evans a remporté le Tour de France à 34 ans et n'a jamais été aussi fort qu'à la fin de sa carrière. Il lui manque la gagne, la grande victoire qui va tout déclencher chez lui. Le Tour 2017 peut être ce déclic avec à la clé 2 victoires d'étape et le maillot vert. Son nom revient avec insistance sur ce circuit qui lui convient comme un gant. Alors sera-t-il le premier coureur à être champion du monde espoir et élite ? Réponse ce dimanche.

Arnaud Demare

Côté Français on se souvient tous de ce doublé au sprint à Copenhague en 2011. Demare devant Petit et Fenn tel Cavendish devant Renshaw aux Champs-Elysées. Une démonstration. Il s'impose sur sa première course chez les professionnels, 6e étape du Tour du Qatar. 6 victoires pour sa première année dont le GP d'Hambourg devant le gratin du sprint mondial. La progression est constante jusqu'à une victoire sur Milan-San-Remo qui décomplexe toute une génération de Français qui n'avait pas vu une victoire sur une grande classique depuis la fin des années 90. Comme sa victoire dans un sprint massif sur le Tour en juillet dernier. Double champion de France déjà à 26 ans. 47 victoires déjà à son actif, la moitié moins que Sagan pour ordre de comparaison, alors que le meilleur reste à venir. Sûr de sa force, il est désormais craint par les autres sprinteurs et possède un train à son service. Systématiquement cité dans les favoris sur les courses où il s'aligne. Absent, alors que le circuit aurait pu lui convenir. Ce sont des choix de sélectionneurs mais il va devoir se montrer patient puisque l'an prochain, le mondial se destine aux grimpeurs.

Yaroslav Popovych

L'Ukrainien est devenu champion du monde en 2001 à Lisbonne. Il ne s'est pas forcément distingué par ses exploits individuels, seulement trois victoires professionnelles dont une sur le Tour de France à Carcassonne devant Ballan, mais par son remarquable travail d'équipier. Il se distingue pourtant sur le Giro où il finit 12e, 3e et 5e entre 2002 et 2004 chez Landbouwkrediet - Colnago. Il est recruté par Johan Bruynel en 2005, qui voit en lui un futur vainqueur de grands tours. Il remporte le Tour de Catalogne en début de saison et aide Armstrong à gagner son septième Tour de France tout en remportant le maillot blanc de meilleur jeune. Il est désigné comme leader après la retraite d'Armstrong en 2006 mais il échoue, 25e. La suite de sa carrière est muée en véritable équipier de luxe auprès de Leipheimer, Evans et surtout Contador. Aujourd'hui à la retraite et directeur sportif chez Trek, il restera cependant un formidable équipier pour ses leaders.

On aurait pu citer Peter Velits, Evgeni Petrov, Kurt Arsle Arvesen dans cette catégorie même s'ils ont eu une carrière en dessous des 4 coureurs précédents. Tout comme Siutsou. Alors que Lutsenko est en train de s'affirmer comme le successeur de Vinokourov au Kazakhstan, tout récent vainqueur d'une étape sur la Vuelta.

Ils ont fait carrière mais...

Fabio Duarte

Le Colombien est devenu champion du monde en 2008 à Varèse devant Ponzi et Degenkolb. Il n'a pas fait la carrière qui correspondait à ses qualités de grimpeur/puncheur. Ses choix d'équipes sont un peu douteux et font sûrement beaucoup dans ses résultats. Après son titre, il a décidé d'aller dans l'équipe Colombia es Pasion pour rester dans son petit confort. Forcément avec peu de moyens, peu d'invitations sur les courses et en ne profitant pas de toutes les avancées que pouvaient avoir les formations World Tour. Malgré cela, sur ces dernières années, on l'a souvent vu à l'avant sur le Giro (4 fois 2e d'étape quand son équipe était invitée), très à l'aise dès que sa monte. Carlos Betancur dans le même style est la version évoluée de Fabio Duarte. Un goût d'inachevée. Mais il fait partie de ceux qui ont remis le cyclisme au goût du jour en Colombie en apportant son expérience à des coureurs comme Quintana, Chaves, Pantano ou Atapuma qu'il a cotoyé au sein de l'équipe Colombia.

Romain Sicard

Il avait réalisé un festival sur le difficile circuit de Mendrisio en Suisse. En s'imposant avec près de 30 secondes d'avance sur Carlos Betancur et Egor Silin quelques semaines après avoir remporté le Tour de l'Avenir. Parti à un tour et demi de l'arrivée, il a lâché Michel Kreder dans la dernière montée pour s'en aller cueillir la couronne mondiale. Basque revendiqué, passé d'Orbea à Euskatel où il a fait ses débuts professionnels. Une bonne première année où son pic est sur le dauphiné avec une deuxième place sur une étape et 11e du général. La suite est gâchée par de récurrents problèmes de genoux qui ont considérablement ralenti sa progression. L'équipe basque met la clé sous la porte, il revient en France chez Jean-René Bernaudeau. De bons résultats sur la Vuelta où il se rappelle au bon souvenir de ses années espagnoles. Des places d'honneur mais pas de victoires professionnelles depuis ses débuts. Il effectue cependant un bon travail d'équipier aux côtés de ses leaders. On espère qu'il nous en claquera une d'ici à la fin de sa carrière et une belle. Allez Romain !

Gerald Ciolek

Le sprinteur allemand est devenu champion du monde en Autriche devant Romain Feillu et un russe, Khatuntsev. 18 victoires pros pour un pro c'est peu. Son fait d'armes reste quand même Milan-San-Remo, à la surprise générale. Ses débuts chez T-Mobile puis ses passages chez Colombia et Milram sont corrects avec des signes de progression avec des victoires au Tour d'Allemagne et sur la Vuelta. Mais son transfert chez Quick Step, il doit composer avec Boonen et n'a pas le leadership. Il s'exporte chez MTN Qhubeka, l'équipe Sud Africaine en 2013 où il effectuera sa meilleure saison avec sa victoire à la Primavera et il gagnera un tier des victoires de sa carrière. Ensuite c'est une lente régression jusqu'à sa retraite en 2016.

On aurait pu y associer aussi Francesco Chicchi ou Sergey Lagutin dans cette catégorie.

Ils sont passés à côté

Dmytro Grabovskyy

Destin tragique pour le coureur Ukrainien. Sacré champion du monde à Madrid en 2005, il écrasait tout ou presque chez les espoirs. Excellent rouleur et pas mauvais dès que le route s'élève, il n'a pas su sauter le pas entre espoirs et professionnels. Chez Quick Step, il n'a pas réussi à avoir de résultats et au bout de deux ans il décide de partir chez ISD Neri où ses résultats ne sont pas meilleurs. Il avouera plus tard, qu'il buvait beaucoup après les entrainements quand il était chez Quick-Step car il s'ennuyait, frôlant la mort à deux reprises. Il avait changé de nationalité et était devenu Israelien en 2015 après s'être engagé dans une équipe du pays. Changeant même de sport en 2014 en s'orientant sur le triathlon. Malheureusement, il est décédé d'un arrêt cardiaque chez lui en janvier 2017 à 31 ans ...

Giuliano Figueras

Autre grand espoir du cyclisme Italien, lui n'a pas réussi comme Ivan Basso. Premier champion du monde espoirs en 1996 à Lugano devant deux autres italiens Sgambelluri et Sironi. Lors de son passage chez les pros chez Mapei, la célèbre équipe Italienne qui a révélé de nombreux coureurs, celui-ci va faire une deuxième saison plutôt bonne.Des étapes en Romandie, au Pays-Basque ou en Wallonie mais surtout un podium sur la Classica San Sebastian. Mais ne confirme pas la saison suivante et n'est pas conservé. Il s'en va chez Ceramica. Une bonne première année, 2e du Tour de Lombardie derrière le grandissant Danilo Di Luca, 10e du Giro, top 10 de championnat du monde et un Tour de Vénétie devant Di Luca et Rebellin, rien que ça. Mais après plus rien. Il terminera sa carrière dans l'anonymat chez Lampre, plus en tant qu'équipier pour Damiano Cunego. Capable d'obtenir de bons résultats mais pas d'être régulier pour faire une très grande carrière.

Leonardo Giordani

En 1999, les championnats du monde se déroulaient à Trévise et c'est encore un Italien qui l'emporte. Lors des quatre premières éditions, trois italiens sont champions du monde. Il l'est devant Luca Paolini et Kessler. C'est celui qui a le moins bien réussi des trois. Aucune victoire de toute sa carrière, même pas de places d'honneur malgré 13 années dans le peloton professionnel. Au fil des années, il est devenu un capitaine de route dans des équipes continentales Ceramica puis Nippo Vini Fantini. Il s'est retiré en 2013.

Il est encore top tôt pour se prononcer sur Matej Mohoric, plus jeune vainqueur d'un champion du monde espoir en 2013, seulement 1 an de plus que Benoit Cosnefroy nouveau champion du monde espoir. Sven Eric Bystrom, Kevin Ledanois ou Kristoffer Halvorsen qui vient de passer pro chez Sky. Mais on leur souhaite un avenir similaire à la première catégorie.