Les 12 travaux de Thomas Voeckler (7/12) : Tour de France 2011

De la Classic Loire Atlantique, sa première course professionnelle au Tour de France, sa dernière, Thomas Voeckler est devenu le chouchou des Français. Retour en 12 épisodes sur ses plus grands succès. Une carrière faite de 16 saisons professionnelles auxquelles il restera fidèle à Jean-René Bernaudeau et la formation Vendéenne. Aujourd’hui, revenons sur sa seconde épopée en jaune sur le Tour de France 2011.

Les 12 travaux de Thomas Voeckler (7/12) : Tour de France 2011
Thomas conserve son maillot pour 18 secondes au terme de la 18e étape.

Après avoir failli changer d'équipe à l'intersaison, ayant juré fidélité à Bernaudeau si celui-ci trouvait un nouveau sponsor suite à l'arrêt de Bouygues Telecom. Il a même un accord avec Cofidis. Finalement Europcar arrive et Voeckler rempile avec la formation Vendéenne. Sa saison 2011 est l'une des meilleures de sa carrière. En arrivant sur le Tour, il avait déjà fait une bonne saison et ce Tour de France est venu concrétiser sa saison. Cette année-là, il gagne notamment 2 victoires d'étape sur Paris-Nice et surtout, il finit 10e du Dauphiné Libéré, omniprésent aux avant-postes, annonciateur d'un bon Tour de France.

Prise de pouvoir à Saint-Flour

Sur ce Tour de France qui s'élance de sa région d'adoption, la Vendée, il vient pour prendre du plaisir et continuer à remporter des étapes. Il perd du temps, logiquement, sur le contre-la-montre par équipes aux Essarts lors de la seconde étape. Il prend la poudre d'escampette en compagnie de Jérémie Roy entre Carhaix et le Cap Fréhel à 32 kilomètres de l'arrivée, en vain. C'est entre Issoire et Saint-Flour que le Tour de Thomas bascule. Il se retrouve dans l'échappée en compagnie de Flecha, Hoogerland, Casar, Luis Leon Sanchez et Tersptra. Ce dernier est rapidement lâché. De nombreuses chutes déciment le peloton. Contador tombe, le peloton ralenti une première fois pour qu'il revienne. Puis c'est Vinokourov qui va au sol avec Van Den Broeck et Zabriskie et abandonnent. Le peloton se relève une seconde fois et l'échappée prend du champ. L'échappée n'est pas épargnée. Une moto de télévision percute Hoogerland et Flecha et envoie le premier dans les barbelés qui en fera une des images du Tour alors qu'il était dans une forme étincelante. L'échappée continue sa route sous l'impulsion de Voeckler qui sait qu'il a le maillot jaune au bout sans se préoccuper de la victoire d'étape qui reviendra à Sanchez. Ils arrivent avec 4 minutes d'avance sur le peloton et Voeckler prend donc le maillot jaune avec 2 minutes 30 secondes d'avance sur les favoris. Une nouvelle fois il profite de circonstance de course pour prendre le maillot de leader mais comme le dit l'adage : La chance sourit aux audacieux.

10 nouveaux jours en jaune

L'objectif est de conserver ce maillot 3 jours jusqu'à Luz Ardiden. Mais dans cette ascension il limite la casse. Ne concédant que 40 secondes à Andy Schleck. Rebelotte au Plateau de Beille, cette fois il ne perd pas de temps, il répond aux attaques d'Andy Schleck, écoeurant presque tous les grands leaders. Bien épaulé par Pierre Rolland, qui se révèle vraiment à l'occasion de ce Tour de France. Dans la descente vers Pinerolo, il se fait une frayeur, atterrissant sur une terrasse. Il perd 30 secondes dans l'histoire mais possède toujours plus de 1 minute 20 secondes sur Evans et Frank Schleck. Lors de l'étape vers le Galibier, Andy Schleck est à créditer d'un numéro encore mémorable aujourd'hui. Parti à 60 kilomètres de l'arrivée, il termine avec plus de 2 minutes d'avance sur les favoris. Il se replace à 15 secondes de Voeckler qui n'a encore quasiment rien perdu sur Evans et Frank Schleck. Mais l'étau se resserre pour Ty Blanc qui peut encore remercier le travail de Pierre Rolland sur cette étape.

L'étape de trop

C'est à l'occasion de la 19e étape que Thomas Voeckler perd son maillot dans une étape totalement folle entre Modane et l'Alpe d'Huez (109 km). Ce Tour est totalement fou de toute façon. Contador très mal placé au général, attaque dès les premiers lacets du col du télégraphe à plus de 90 kilomètres de l'arrivée. Un jour après le raid solitaire d'Andy Schleck qui saute dans sa roue puis Evans et Voeckler reviennent à contre-temps. Evans lâche sur crevaison et Voeckler à la pédale. Dans le Galibier, la seconde ascension du jour Voeckler dans le groupe Evans, seul à mener la chasse perd pied. Il est lâché et s'énerve. Il comprend à ce moment qu'il est en train de perdre le Tour de France. Plus tard, il regrettera le fait d'avoir suivi Contador et Schleck dans le Télégraphe plutôt que de rester avec ses coéquipiers. Il rentrera finalement à 15 kilomètres de l'arrivée à l'aide de ses coéquipiers, au pied de l'Alpe d'Huez après avoir accusé 2 minutes de retard mais c'est déjà trop tard. C'est dans ces conditions, qu'il avait autorisé Pierre Rolland à jouer sa carte personnelle. Chose qu'il réalisera avec brio puisqu'il lachera Contador et Sanchez à 1 kilomètre de l'arrivée pour l'emporter. Voeckler perd le contact après quelques kilomètres d'ascension et s'en est définitivement terminé pour lui. Il termine à presque 3 minutes 30 secondes et se retrouve éjecté du podium. Jusque là, il n'y avait pas eu 2 arrivées aux sommets consécutifs mais celle-ci a été de trop pour Voeckler.

Au pied du podium

Ne reste que le contre-la-montre, talon d'achille de Voeckler. Il est trop loin pour finir sur le podium. Il finit à 50 secondes de Frank Schleck, troisième de ce Tour 2011. Ce sera finalement peut-être son plus grand regret, de ne pas avoir terminé sur le podium aux Champs Elysées. Il lui aura manqué quelques secondes perdues à droite ou à gauche comme dans la descente vers Pinerolo, du sang-froid dans la 19e étape et une meilleure équipe bien que valeureuse mais pas habitué à jouer le classement général. Pour Voeckler, seule la victoire compte "Que je sois 2nd, 3ème ou 4ème… peu importe". Même si encore aujourd'hui certains roulent pour des huitièmes places.

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