Première très grande classique de l'année, mais également la plus longue (298km), Milan-San Remo se disputait ce samedi avec tous les favoris au rendez-vous à l'exception de Philippe Gilbert.

Kwiatkowski à l'attaque

Durant les trois premiers quarts de la course, le peloton reste calme et contrôle de loin une échappée composée de onze coureurs. C'est dans les cinquante derniers kilomètres de l'épreuve, à l'approche des difficultés, que les équipes intéressées par la victoire finale se mettent en route à l'avant du peloton. Le rythme s’accélère considérablement, et les chutes se multiplient en quelques secondes, mettant à terre des candidats à la victoire comme Michael Matthews, Geraint Thomas ou Arnaud Démare.

A l'avant de la course, les échappés sont condamnés, et rapidement rejoints par le peloton à l'approche du Poggio. Dans cette difficulté, le rythme n'est pas très élevé et seules quelques attaques trop fébriles le font légèrement accélérer par à-coup. Dans les derniers hectomètres, Kwiatkowki réussi à sortir avec un maigre avantage pour entamer la descente. Le marquage au sein du peloton entre Nibali, Cancellara et Sagan lui permet d'être encore en tête dans les deux derniers kilomètres.

Bouhanni trahi par son matériel

Le coureur polonais ne va pas résister longtemps, et se fait avaler juste avant le dernier kilomètre sur une attaque de Boasson Hagen. Plus personne ne peut réussir à sortir au vu du rythme élevé, et un sprint est attendu pour la victoire finale. Très attendu, Gaviria est aux avant-postes, mais le Colombien chute tout seul avant de lancer la bataille. Sagan est gêné, et ne pourra pas non plus participer. Roelandts est le premier à lancer les hostilités et prend quelques longueurs d'avance. Derrière, un duel Bouhanni-Démare se déclenche lorsque les deux Français commencent leur effort. Malheureusement pour le coureur de la Cofidis, un problème de chaîne l'empêche de disputer la victoire. Démare s'envole, et passe la ligne d'arrivée en tête devant Ben Swift et Jürgen Roelandts.

Si on l'avait laissé en train d'abandonner sur le Paris-Nice après une victoire d'étape, le coureur de la FDJ a réalisé un véritable exploit pour s'adjuger le plus grand succès de sa jeune carrière, à 24 ans. Pris dans une chute à trente kilomètres de l'arrivée, il a réussi à regagner sa place à l'avant du peloton en étant épaulé par ses coéquipiers, avant donc de régler un sprint final dans lequel les favoris ont été en retrait, à l'image de Kristoff (6e). Vingt-et-un an après le dernier succès de Laurent Jalabert en 1995 dont on vous parlait hier, un nouveau coureur français inscrit son nom au palmarès de la Primavera.

Classement final :